samedi 29 septembre 2007

Le musée des arts déco

Pour ceux qui ne le connaissent pas encore, le musée des arts décoratifs a rouvert, il y a l'an dernier, après 10 années de travaux. Situé au 107 rue de Rivoli, à deux pas du Louvre et du Jardin des Tuileries, le bâtiment regroupe le musée des arts déco à proprement dit, le musée de la mode et du textile, le musée de la publicité, le musée Nissim de Camondo, ainsi qu'une librairie bien achalandée et une bibliothèque apparemment fantastique, que je n'ai pas encore eu l'occasion de découvrir.

Une petite visite dans ce lieu très cosy est l'occasion de comprendre enfin ce que sont le style rocaille, ou la marquetterie Boulle, et d'approfondir ses notions en art nouveau et art déco. La reconstitution de pièces entières d'appartement nous replonge immédiatement dans l'ambiance d'époque, de la salle à manger d'Emile Gallé aux appartements de la célèbre couturière Jeanne Lanvin ou au majestueux lit à baldaquins de la courtisane Valtesse de Bigne, décrit par Zola dans son roman Nana.

Le clou du musée réside sans aucun doute en la salle de projection d'extraits de films mettant en scène du mobilier design. On y accède au détour de la visite consacrée aux sièges des années 1960 et 70. Après quelques heures de visite, on a alors le plaisir enfantin de pouvoir tester les plus loufoques ou les plus célèbres des fauteuils admirés précédemment, et l'on se love avec la plus grande satisfaction sur le bubble chair d'Aarnio, le lounge chair en cuir d'Eames ou le tabouret éléphant de Yanagi, en contemplant sur le mur d'en face la projection de films où les personnages évoluent sur ces mêmes mobiliers. Jubilatoire !

Musée des arts décoratifs
107 rue de Rivoli
75001 Paris
du mardi au dimanche

mercredi 26 septembre 2007

Paris, Paris, quand tu nous tiens...


Je n'avais encore jamais lu de Sacha Guitry jusqu'à présent. Pour moi, ce nom évoquait une certaine tournure d'esprit, de la finesse, du piquant, des pièces de théâtre de bon vaudeville (c'est assez rare pour le souligner).

C'est complètement par hasard que je suis tombée sur les Mémoires d'un tricheur, livre très court qui se dévore d'une traite, pétillant, drôle, incisif.

Je ne peux résister à l'envie de citer ici un passage particulièrement savoureux :

"Etre Parisien, ce n'est ni une fonction, ni un état, ni un métier - et cependant c'est tout cela. C'est unique et c'est inestimable - et ce n'est d'ailleurs pas à vendre. On en est, ou on n'en est pas. Et ce qui n'ont sont pas se demandent chaque matin ce qu'ils pourraient bien faire pour en être - et ceux-là n'en seront jamais ! Car, être de Paris, ce n'est ni une question de volonté, ni une question de fortune. Ce n'est même pas une question de valeur. C'est un indéfinissable mélange d'esprit, de goût, de snobisme, de jobardise, de bravoure et d'amoralité. On ne doit pas savoir au juste pourquoi on en est - et l'on doit seulement savoir pourquoi les autres n'ent sont pas. [...]
Il faut être adopté par tous, sans que personne en ait parlé. Il y a dans ces élections quelque chose d'assez mystérieux, une sorte d'entente secrète. On est naturalisé Parisien, tout d'un coup, un beau soir. Oui, tous ces gens qui se haïssent, qui ne se quittent pas de l'année, qui échangent leurs femmes, leurs maîtresses et leurs amis, qui se regardent vieillir mais ne se voient pas changer, qui composent un véritable monde - je veux dire une véritable planète - avec ses moeurs, ses récréations, ses honneurs, son honneur et ses manies, oui, tous ces gens savent tomber d'accord, en un instant, quand il le faut."

Alors, parisiens d'adoption?


EDIT : Je viens de voir que la Cinémathèque française organise une rétrospective Sacha Guitry à l'occasion du cinquantième anniversaire de sa mort. Le Roman d'un tricheur y sera diffusé le 21 octobre et le 17 novembre prochains.